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Visite à la DMZ
La DMZ - Zone Démilitarisée
Paix Précaire et Monuments Bucoliques
Héritage de la Guerre de Corée à Panmunjeom, Imjingak et Cheorwon

Circuits à Panmunjeom
L’USO organise des circuits abordables à Panmunjeom. Le circuit est ouvert à la fois aux militaires et aux civils. Pour les civils, le circuit coûte US$42. Assurez-vous de réserver à l’avance. Pour plus d’informations, appelez le (02) 795-3028.

Le Korea Travel Bureau et le Panmunjom Travel Center organisent également des circuits à Panmunjeom. Les deux coûtent 77,000 wons et partent tous deux de l’hôtel Lotte du centre ville. Contactez le Korean Travel Bureau au (02) 778-0150 ou le Panmunjom Travel Center au (02) 771-5593 pour plus de renseignements.

Le circuit organisé par Chung Ang Express à Panmunjom coûte 77,000 wons et part de l’hôtel Sofitel Ambassador. Appelez le (02) 2266-3350 pour plus de renseignements.

Pour finir, le circuit organisé par le International Cultural Service Club à Panmunjeom part du magasin de Duty Free Donghwa et coûte 78,000 wons. Contact : (02) 399-2700.

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On dit souvent que la DMZ est l’endroit le plus dangereux de la planète. Techniquement, c’est probablement vrai – les montagnes et flancs de collines de part et d’autre du bandeau de terre large de 4km séparant les deux Corées grouillent de troupes, de postes de garde, de tanks, de missiles, de bunkers, de mitrailleuses, de mines et d'autres engins de mort et de destruction. Le terrain de golf de un trou de la base militaire de Panmunjeom, le Village de la Trêve qui en est venu à symboliser la dernière frontière de la Guerre Froide, met en garde les joueurs de ne pas aller rechercher les balles dans une allée bordée de mines. Ce terrain fut désigné “le terrain de golf le plus dangereux au monde.”

Cependant, la DMZ est peut-être l’ironie suprême dans une terre d’ironies. Lorsque vous regardez au loin depuis le poste de contrôle 3 de la Zone de Sécurité Commune de Panmunjeom, votre attention ne se porte pas sur la rare opportunité de pouvoir observer la mystérieuse Corée du Nord, sur les soldats nord coréens perchés sur le poste d’observation ou sur vos chances de survie en cas de reprise soudaine (bien que fortement improbable) des hostilités. Non, vous êtes à la place captivé par la tranquillité suprême du lieu – les flancs de colline verdoyants, les oiseaux rares tournoyant au dessus des marais intacts. A la frontière la plus militarisée au monde, vous vous sentez paradoxalement complètement en paix.

La DMZ s’étend sur 248 kilomètres à travers la péninsule coréenne, depuis l’embouchure de la rivière Imjin à l’ouest jusqu’à la ville de Goseong à l’est. La zone délimitarisée elle-même, où l'activité humaine a été grandement limitée au cours du dernier demi-siècle est devenue une des zones naturelles la mieux préservée d'Asie. Dans l'arrière-pays faiblement peuplé juste en dehors de la zone, où il semble y avoir plus de militaires que de civils, vous trouverez à la fois des monuments impressionnants célébrant les batailles gagnées et des ruines, témoignage de la tragédie de la guerre.

Un simple week-end n'est pas suffisant pour pouvoir visiter la zone de la DMZ dans sa totalité, mais si vous êtes à Séoul, le village de la paix de Panmunjeom, le parc adjacent Imjingak et les belles montagnes et rivières de Cheorwon offrent au voyageur un aperçu de l'histoire et de la culture de cette destination typiquement coréenne.

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Panmunjeom: La Dernière Frontière de la Guerre Froide
Avec la chute du mur de Berlin, Panmunjeom est devenu le dernier endroit où communisme et démocratie se font face dans un face à face tendu, au poids historique et politique important. La récente amélioration des relations inter-coréennes a considérablement réduit la tension à Panmunjeom mais les hommes montant la garde à la Frontière de la Liberté, nom donné à la DMZ, ne prennent pas leur tâche à la légère. Les civils ne peuvent entrer dans la DMZ sans autorisation préalable, et les touristes ne peuvent visiter Panmunjeom que dans le cadre de tours organisés. Les visiteurs doivent suivre des consignes vestimentaires strictes et doivent par dessus-tout suivre les instructions des guides officiels, généralement des soldats américains.

Les circuits au départ de Séoul vous font d'abord passer par la Route de la Liberté, l'autoroute connectant la capitale à la DMZ. Les bus arrivent ensuite à la rivière Imjingang, enjambée par Pont de l'Unification. C'est la limite pour la plupart des civils. Si vous faites partie d'un tour organisé, vous passerez alors un contrôle de sécurité militaire au sud du pont et traverserez la Zone Civile Limite et, un peu plus loin, la Zone de Sécurité Commune ou Joint Security Area (JSA) en anglais.

Le premier arrêt du circuit est le Camp Bonifas (nommé après un soldat américain tué à coups de hache dans la JSA en 1974), une grande installation militaire sud-coréenne qui sert de camp de base pour la Force de Sécurité des Nations-Unies. Pendant la plupart de l'après-guerre, la partie sud de la JSA était patrouillée conjointement mais depuis 2004, c'est le rôle exclusif des sud-coréens (bien qu'un petit contingent de troupes occidentales, principalement américaines, subsiste encore). Au camp, vous serez informés (par un officier américain généralement) des règles propres à la JSA et de son histoire. Vous pourrez aussi voir le petit terrain de golf situé sur la base – ne pensez même pas un instant à aller chercher vos balles perdues.

De là, un petit trajet en bus vous conduira à la JSA. Environ 400 mètres après le Camp Bonifas, vous arrivez à un double grillage renforcé de barbelé gardé par des soldats coréens. Cette barrière, qui s'étend pratiquement ininterrompue sur toute la largeur de la péninsule coréenne, marque le début de la DMZ. Passez la barrière et c'est comme si vous étiez sur une autre planète. La végétation est abondante et, à travers la vitre du bus, le paysage parait étrangement calme et, honnêtement, un peu angoissant. Une partie des terres est cultivée par les villageois de Daeseong-dong, le seul lieu habité par des civils dans la partie sud de la DMZ (les villageois reçoivent plus de $80,000 USD par an et sont exemptés de taxes et de service militaire). Mais en gros, la seule chose qui bouge sont les oiseaux - protégée de l'activité des hommes depuis un demi-siècle, la DMZ est devenue l'habitat privilégié d'un grand nombre d'oiseaux sauvages.

La Zone de Sécurité Commune est en elle même iconique, surtout si vous avez vu le film de Park Chan-wook “JSA” sorti en 2000. Ce petit ensemble de bâtiments – certains impressionnants, d'autres humbles – est né en 1953 après la signature de l'Accord d'Armistice (“mettant fin” à la guerre de Corée) dans l'ancien village de Panmunjeom, qui se situait à environ 800 mètres au nord mais qui a depuis disparu. La JSA – connue généralement sous le nom de “Village de la Trêve” - était utilisée pour des rencontres régulières entre la Corée du Nord et les officiers militaires de l'ONU (le Comité Militaire de l'Armistice) visant à superviser la mise en place de l'armistice. Aujourd'hui il est principalement utilisé lors des rencontres inter-coréennes.

La JSA est coupée en son milieu par la Ligne de Démarcation Militaire (LDM), la vraie “frontière” entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Les impressionnantes Maison de la Liberté et Maison de la Paix se trouvent dans la partie sud. Superbes exemples d'architecture coréenne moderne, ces bâtiments abritent les sommets inter-coréens. Au nord de la LDM se trouve le Panmungak, une structure staliniste grise, qui, comme le dit notre guide, est probablement plus petite qu'elle n'en a l'air. Les soldats des deux côtés se regardent en chien de faillance à travers la LDM. A cheval sur la frontière se tient le bâtiment bleu-ciel MAC construit dans les années 1960, où, accompagné d'un guide, vous pourrez brièvement traverser la frontière (faisable uniquement A L'INTERIEUR du bâtiment).

Un promontoir appelé poste de contrôle 3 depuis lequel vous aurez une vue panoramique de la DMZ se trouve près des bâtiments. La tranquilité de la scène est déroutante. Qui pourrait imaginer qu'entourant ce pan de terre à la nature intacte se trouve une des plus importantes concentrations de force militaire au monde? Non loin, le village nord-coréen de Kijong-dong, abrite la plus haute colonne à drapeau au monde (160 mètres), et le plus grand drapeau au monde.

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Imjingak: Monument en la mémoire des déplacés
Si vous voyagez seul et ne désirez pas participer au circuit à Panmunjeom, Imjingak vaut le détour. Le plus proche de la DMZ que les sud-coréens peuvent aller sans autorisation spéciale du gouvernement, Imjingak est un parc donnant sur la rivière Imjingang – mais c'est avant tout un sanctuaire à la division nationale. Parmi les monuments les plus importants notons un autel où les familles du Nord viennent pratiquer des rites destinés aux ancêtres (normalement effectués dans son village natal) lors des jours fériés, un observatoire et le Pont de la Liberté, le pont construit à la va-vite que quelques 130,000 sud-coréens et prisonniers de guerre alliés traversèrent pour retourner chez eux à la fin de la Guerre de Corée. Vous pouvez aussi acheter des produits nord-coréens ou manger des plats nord-coréens dans les quelques magasins et restaurants du parc.

Rien de plus facile que de se rendre à Imjingak – des trains s'y rendent directement toutes les heures depuis la gare de Séoul.

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Cheorwon: Parmi les Ruines de la Guerre
Les plus aventureux peuvent visiter la petite ville de Cheorwon, à environ deux heures au nord-est de Séoul. Jadis ville assez importante et gare ferroviaire stratégique commandant l'accès à la Vallée de Geumhwa, Cheorwon fut complètement rasée au cours de la Guerre de Corée. Aujourd'hui l'ancienne ville de Cheorwon a été soit recouverte par les herbes soit reconvertie en rizières, il reste cependant un certain nombre de monuments de guerre intéressants dans les environs (particulièrement l'obélisque commémorant la bataille particulièrement sanglante de White Horse Hill) et quelques ruines qui témoignent des horreurs de la guerre et de la tragédie de la division nationale.

Les plus impressionnantes d'entre elles sont les ruines du siège de l'ancien Parti des Travailleurs Coréens. C'est un bâtiment de style soviétique de trois étages fait entièrement en béton construit vers 1946 – à l'époque ou Cheorwon était sous contrôle de la Corée du Nord. Il servait de siège régional au parti au pouvoir en Corée du Nord, le Parti des Travailleurs Coréens. Aujourd'hui il ne reste plus que sa façade extérieure criblée d'impacts de balles. Telles les carcasses d'églises brûlées de l'Allemagne d'après-guerre, ces ruines sont un émouvant rappel du passé difficile de la région.

Le pont Seungil-gyo est un autre site intéressant. Ce pont traverse la rivière Hantangang River, à plusieurs kilomètres des ruines (à quelques minutes en bus de la petite ville de Dongsong-eup). Regardez attentivement et vous verrez que les deux moitiés du pont sont différentes: soit les nord-coréens commencèrent à bâtir le pont avant la guerre et les sud-coréens le terminèrent, soit les japonais le commencèrent avant la libération en 1945 et les américains le terminèrent pour acheminer hommes et ravitaillements au front. Même son nom est curieux: il semble combiner les noms des premiers présidents nord et sud coréens (Lee Seung-man et Kim Il-sung), bien que le pont fut probablement nommé après le colonel coréen Park Seung-il, tombé au combat. De façon un peu surprenante, la rivière coulant sous le pont est fréquentée par les amateurs de rafting et autres activités aquatiques.

Le moyen le plus aisé de se rendre à Cheorwon est de prendre la ligne de métro 1 jusqu'à Dongducheon, d'où un train vous amènera ensuite jusqu'à Sintan-ni. Cheorwon. Se trouve non loin de là.

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Texte et photos de Robert Koehler
Article tiré de Seoul magazine
Date   06/05/2014